1. Contexte et justification
Le Mali fait face à une crise humanitaire et sécuritaire prolongée, caractérisée par des déplacements de populations, des conflits et violences, des restrictions d’accès, des chocs climatiques et d’importants besoins humanitaires. Dans ce contexte, la capacité à mettre en place une réponse rapide et appropriée immédiatement après un choc constitue un élément essentiel d’une action humanitaire efficace.
Ces dernières années, les mécanismes de réponse d’urgence ont constitué l’un des principaux dispositifs permettant de répondre rapidement aux besoins urgents des populations affectées par de nouveaux chocs. Toutefois, l’évolution du contexte malien, les contraintes d’accès, le financement humanitaire, le renforcement des capacités des acteurs nationaux et locaux ainsi que l’agenda de localisation posent la question de l’architecture future de la première réponse d’urgence.
Il est donc nécessaire de mieux comprendre quels acteurs sont actuellement en mesure d’assurer les différentes fonctions de la première réponse, dans quelles conditions et avec quelles limites, ainsi que les améliorations possibles. À la suite d’un choc, comment la première réponse d’urgence devrait-elle être organisée au Mali, quels acteurs sont les mieux placés pour assurer chacune des fonctions essentielles, comment peuvent-ils se compléter, et quelles architectures sont réalistes selon les différents contextes ?
L’étude vise ainsi à éclairer les choix futurs en identifiant des modèles de réponse d’urgence rapides, efficaces, réalistes, complémentaires et adaptés à la diversité des contextes maliens, plutôt que de se limiter à proposer des ajustements au mécanisme existant.
Dans ce contexte, l’étude ne vise pas uniquement à déterminer comment renforcer ou intégrer les capacités locales dans les mécanismes existants de réponse d’urgence. Plus largement, elle vise à déterminer quelle architecture de première réponse d’urgence est la mieux adaptée aux contextes actuels du Mali, en tenant compte des capacités déjà disponibles aux niveaux étatique, local, communautaire et humanitaire, ainsi que des contraintes opérationnelles et financières qui influencent leur mobilisation.
L’étude sera donc structurée autour des fonctions essentielles de la première réponse d’urgence, plutôt qu’autour d’une analyse institutionnelle générale. Elle cherchera à comprendre quels acteurs sont actuellement en mesure d’exercer ces fonctions, dans quelles circonstances, avec quelles limites, et comment leurs rôles pourraient être organisés de manière plus complémentaire.
Cette approche devrait aboutir à plusieurs modèles ou scénarios opérationnels adaptés aux différents contextes maliens, plutôt qu’à une recommandation unique applicable à l’ensemble du pays.
2. Objectif de l’étude
L’objectif de cette étude est d’analyser comment la première réponse d’urgence à la suite d’un choc devrait être organisée au Mali, en identifiant :
- les capacités humaines, financières, matérielles et de prestation de services existantes des différents acteurs concernés ;
- les fonctions essentielles de la première réponse et les acteurs capables de les assurer efficacement ;
- les facteurs qui facilitent ou limitent leur mobilisation ;
- les complémentarités et les éventuels chevauchements entre acteurs ;
- les fonctions pour lesquelles le leadership des acteurs humanitaires demeure nécessaire ;
- les fonctions qui pourraient progressivement être partagées avec ou assurées par des acteurs étatiques, locaux ou communautaires ;
- et les modèles de première réponse les plus pertinents selon les différents contextes.
L’étude devra donc produire des conclusions opérationnelles pouvant être directement utilisées pour concevoir ou faire évoluer les futurs mécanismes de réponse d’urgence au Mali.
3. Périmètre de l’étude
Le périmètre constitue un élément central de cette étude afin d’éviter que l’analyse ne s’étende à une évaluation générale du système humanitaire malien.
3.1. Périmètre thématique
L'étude se concentre exclusivement sur l'organisation de la première phase de la réponse faisant suite à un choc.
Elle analysera notamment les fonctions suivantes:
- Alerte et identification du choc
- Vérification et analyse rapide de la situation
- Enregistrement et identification des populations affectées
- Ciblage et priorisation des besoins
- Mobilisation et coordination de la première réponse
- Fourniture ou facilitation de l’assistance de première ligne
- Référencement vers les services et mécanismes de réponse appropriés
- Information, communication communautaire et redevabilité
- Suivi de la réponse initiale et adaptation de celle-ci
L’analyse portera sur la manière dont ces fonctions sont actuellement assurées, les acteurs qui les exercent, leurs capacités et leurs limites, ainsi que les possibilités réalistes d’organisation future.
L’étude examinera également les conditions nécessaires pour assurer la continuité entre la première réponse et les mécanismes de réponse ultérieurs, sans toutefois procéder à une analyse détaillée des phases suivantes de la réponse humanitaire.
3.2. Définition de la « première réponse d’urgence »
Aux fins de cette étude, la première réponse d’urgence désigne la période immédiatement consécutive à un choc durant laquelle les acteurs doivent :
- identifier et vérifier le choc ;
- comprendre rapidement son ampleur et ses conséquences ;
- identifier les populations affectées et leurs besoins prioritaires ;
- mobiliser les acteurs et les ressources disponibles ;
- fournir ou faciliter une assistance urgente ;
- orienter les personnes vers les services et mécanismes appropriés ;
- assurer un suivi initial afin d’adapter la réponse.
La durée exacte de cette première phase pourra varier selon la nature et l’ampleur du choc et sera convenue avec le consultant lors de la phase de démarrage. Toutefois, l’analyse devra rester centrée sur la réponse initiale et non sur l’ensemble du cycle de réponse humanitaire.
3.3. Types de chocs considérés
L’étude pourra prendre en compte différents types de chocs susceptibles de déclencher une réponse rapide, notamment :
- les conflits et violences ;
- les déplacements soudains de populations ;
- les catastrophes ou chocs naturels ;
- d’autres événements entraînant une détérioration soudaine et significative des conditions de vie ou de la protection de la population.
L’objectif n’est pas de réaliser une analyse sectorielle de chaque type de crise, mais d’identifier dans quelle mesure l’architecture de la première réponse devrait varier selon la nature du choc.
3.4. Acteurs couverts
L’étude analysera uniquement les acteurs qui jouent, ou pourraient de manière réaliste jouer, un rôle dans la première réponse d’urgence.
a) Acteurs étatiques
- structures de l’État aux niveaux national, régional et local ;
- autorités administratives et techniques compétentes ;
- structures publiques pouvant contribuer à l’alerte, à l’évaluation, à la coordination, à l’orientation ou à la réponse initiale.
b) Structures communautaires et acteurs locaux
- autorités et structures communautaires ;
- acteurs coutumiers et religieux ;
- organisations et associations locales ;
- groupes communautaires pertinents ;
- familles et communautés d’accueil ;
- acteurs privés lorsque leur contribution à la première réponse est pertinente.
c) Acteurs humanitaires
- ONG nationales et internationales ;
- agences des Nations Unies ;
- mécanismes de coordination et acteurs impliqués dans la réponse rapide ;
- Autres acteurs humanitaires directement concernés par la première réponse.
d**) Acteurs du développement**
- Acteurs du développement uniquement dans la mesure où leurs capacités, ressources ou mandats peuvent contribuer à la première réponse ou à la transition des fonctions de réponse.
L’étude ne cherchera donc pas à analyser l’ensemble du système de développement au Mali.
NB : Le rôle de l’État sera analysé explicitement. Plutôt que de considérer le gouvernement comme un acteur parmi d’autres, l’étude évaluera ses capacités actuelles, identifiera les fonctions de réponse d’urgence qu’il assure déjà efficacement, les lacunes persistantes, les domaines dans lesquels ces capacités peuvent être renforcées de manière réaliste au fil du temps, ainsi que les fonctions pour lesquelles les acteurs communautaires, locaux et humanitaires continueront d’apporter une réelle valeur ajoutée.
4. Éléments explicitement hors du périmètre
Afin de préserver le caractère opérationnel de l’étude, les éléments suivants ne feront pas l’objet d’une analyse approfondie :
4.1. Le système humanitaire dans son ensemble
L’étude ne vise pas à cartographier ni à évaluer l’ensemble des institutions, organisations et mécanismes humanitaires présents au Mali. Les acteurs seront analysés uniquement au regard de leur rôle actuel ou potentiel dans la première réponse d’urgence.
4.2. L’ensemble du cycle humanitaire
L’étude ne constitue pas une évaluation de l’ensemble de la réponse humanitaire, depuis la phase d’urgence jusqu’au relèvement, au développement ou aux solutions durables. Les phases ultérieures ne seront abordées que lorsqu’elles ont un impact direct sur l’organisation de la première réponse.
4.3. Une évaluation générale des capacités institutionnelles
L’étude ne réalisera pas une évaluation institutionnelle exhaustive de l’État, des communautés ou des ONG. Elle cherchera uniquement à déterminer quelles capacités sont effectivement disponibles et mobilisées pour les fonctions de première réponse, dans quelles conditions et avec quelles limites.
4.4. Une évaluation exhaustive du financement humanitaire
Le financement sera analysé comme un facteur facilitant ou contraignant l’organisation de la première réponse. L’étude ne cherchera pas à réaliser une analyse exhaustive des flux financiers humanitaires au Mali ni une cartographie complète du financ...